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Préparez un trek longue distance

Par Charlie
Préparez un trek longue distance

Embarquement pour les États-Unis où Charlie et Daniel sont partis randonner sur le Pacific Crest Trail pour parcourir les 4.286 kilomètres qui joignent la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Cette expédition avait pour but promouvoir et récolter des fonds pour l'association caritative que nous avons créé, « The Human Momentum ».


Comment se préparer à randonner le Pacific Crest Trail ?

Voilà une question qui est revenue à maintes occasions depuis mon retour. Pour être tout à fait honnête : très peu. Il faut dire que j'étais déjà en forme décente, maintenant une activité physique hebdomadaire correcte depuis plusieurs années. Mais il n'y a pas réellement eu de préparation spécifique à ce trek. Quelques balades avec sac à dos légèrement chargé et quelques footings. Je suis parti, la fleur au fusils, me disant que mes quelques randonnées dans les Pyrénées feraient l'affaire pour commencer, j'apprendrai au fur et à mesure ensuite.

Comment réellement se préparer pour ce trek ? 

Jamais je n'aurais imaginé faire quelque chose de ce genre. Et je n'avais personne à disposition bénéficiant de l'expérience de quelque chose de similaire pour m'éclairer. Il me fallait donc être un peu inconscient pour m'attaquer au PCT. Mais la suite m'a heureusement donné raison. Je suis d'ailleurs convaincu que toute personne non concernée par une condition médicale est en mesure d'aller au bout des 4300km. À son rythme, certes, mais le PCT n'est pas une course. Mon corps a souvent plié, mon mental aussi, mais en s'accrochant, en serrant les dents, en faisant preuve de ressources psychologiques, il n'y a pas de raisons de ne pas pouvoir aller au bout. Finalement, la meilleure des préparations est de s'assurer de vouloir s'engager dans une telle aventure.

Comment se ravitailler ? 

S'en est venue la période de la préparation des ravitaillements. Beaucoup de travail et une dizaine de points où nous avions prévu de nous poster notre nourriture déshydratée à l'avance. Après coup, je ne pense pas que c'était la tactique la plus adéquate. Nous avons envoyé de la nourriture à beaucoup d'endroits où l'on aurait pu finalement acheter sur place, s'évitant ainsi le coût du postage. Aussi, au bout d'un moment, chaque randonneur a une liste d'aliments qu'il ne peut plus voir en peinture à force d'en avoir trop ingurgité. Ça arrive à tous, soyez en assuré. Je ne suis pas difficile du tout, coté nourriture, et pourtant, j'ai maudit les cacahuètes et autres amandes de mon trail mix. Il est donc non négligeable de pouvoir s’approvisionner selon ses envies du moment. Il y a tout de même quelques endroits où il est judicieux de prévoir un envoi de ravitaillement en amont. D'après une étude menée par mon acolyte Tyler 'Mac' Fox montre que les endroits où il est le plus nécessaire d'envoyer une resupply box sont : Sierra City, Vermilion Valley Ranch, Seiad Valley, tous trois en Californie. En effet, ces trois stops ne proposent que peu à quasi-pas de quoi se ravitailler et le font souvent à un prix exorbitant (jusqu'à plusieurs dollars la pomme ou la barre de céréales).

Quel équipement prévoir ? 

Nous en venons donc à l'équipement. Un motto est d'ailleurs connu de tout trekkeur : less wight, more fun (moins de poids, plus de fun). Je ne peux qu'insister là dessus. Il n'y a rien de pire que de traîner son sac comme un fardeau. Soyons clair : il faut le nécessaire mais il faut aussi savoir se limiter. J'ai commencé avec un sac de plus de 20kg pour terminer avec 15kg au maximum incluant nourriture et eau. Le poids du sac variant selon le temps entre deux ravitaillements, on parle souvent en « poids de base » (poids hors consommable). J'ai fini par réduire le mien à 8kg environ sachant que je transportais mon appareil photo reflex plus une GoPro. Cela est loin d'être indispensable mais à chacun son « objet de luxe » comme on avait l’habitude de le dire. Je pense que tabler sur un poids de base de 7kg est raisonnable. À savoir que je ne suis pas un randonneur ultra-light. Certains trekkeurs de cette catégorie réduise leur poids de base à tout juste 3kg et ne monte qu'à cinq ou six maximum !

Pour une expédition de cette ampleur, je ne vous apprends rien en vous disant qu'il faut un équipement de qualité mais attention : plus cher ne veux pas toujours dire meilleur. Il est possible de s'équiper pour tout juste 500€ quand d'autres investissent jusqu'à six fois plus. La moyenne se trouve, toujours d'après le site Halfway Anywhere, à un peu moins de 2000€. Il est donc important de consacrer du temps à la recherche de l'équipement. Il faut comparer le poids avec l'efficacité du produit, faire des choix en fonction de votre budget et traquer les offres spéciales sur les sites spécialisés ou vous renseigner sur les fins de séries ou sur les déstockages dans les boutiques de sport/montagne. Il y a trois choses qui méritent un investissement minimum (il est très agaçant d'avoir à changer d'équipement en cours de route, qui plus est, il sera sans doute réutilisable):

  1. Le sac. Il faut qu'il soit confortable, même chargé et que le poids repose bien sur vos hanches (pas sur les épaules).

  2. La tente. Qu'elle soit étanche pas trop lourde.

  3. Le sac de couchage qui doit être assez chaud pour supporter des températures d'au moins 0° Celsius (si vous avez un liner) et ne doit pas être trop lourd.

Que mettre dans son sac ?

Pour ce qui est de choisir quoi amener : il est conseillé de faire trois tas : l'indispensable, l'utile et l'extra. Mettez la première pile dans votre sac et prenez un élément de la seconde qui sera votre luxury item. Laissez le reste à la maison.

Quelles chaussures prévoir ? 

Un dernier élément mérite que l'on s'attarde dessus : les chaussures. À chacun sa préférence. Certains ont marché en sandales quand d'autres utilisaient des grosses chaussures montantes. Pour ma part, ma décision se porte sur les chaussures de running. Souvent plus légères que celles spécialisées dans la randonnée, elles offrent un confort agréable. Lorsque l'on marche chaque jour ceci est un facteur déterminant. Notez que l'amorti sous le talon est important aussi, donc pensez à ne pas les choisir trop fines. Elles ont également l'avantage de mieux laisser respirer le pied que les lourdes chaussures de montagne qui empêcheront la transpiration de s'évaporer (mais ne seront en revanche pas imperméables). À vous de faire votre choix.

Comment charger son sac ? 

Enfin, lorsque vous allez charger votre sac, voici quelques petits conseils utiles : ne prenez pas le sac de rangement de votre tente ni de votre sac de couchage. Posé au fond du sac, ils en épousent la forme et en facilitent le rangement, aussi, vous gagnez un peu de poids. Enfin, veillez à ce que les choses le plus souvent utilisées soit le plus accessible. Il est déplaisant de devoir défaire tout son sac pour accéder à sa barre de céréale. Enfin, je conseille d'avoir une bouteille d'eau accessible sans avoir à enlever son sac.

Combien coûte un tel trek ?

Autre question à laquelle j'ai beaucoup eu droit ces derniers mois. Je n'ai pas tenu de comptes précis pendant les 5 mois du trek, ni pendant les quelques mois de préparation précédent l'aventure. Pour essayer de donner un début de réponse, je vais découper le budget en plusieurs parties :

- L'équipement : nous en parlions plus tôt. Compter 1500€ pour un équipement complet de qualité sans être le plus haut de gamme. À noter que les conseils pour l'équipement ne se limitent pas au PCT mais peuvent aussi être valide pour tout autre randonnée/trek hors hiver.

- Les ravitaillements : Il est possible de se nourrir de pâtes tout le long ou d'acheter des repas lyophilisés à 15€ l'unité. La fourchette de budget alloué ici peut donc, une fois de plus, être très large. Pour ce qui est de mon expérience personnelle, je pense qu'un budget d'environ 1000€ pour ce qui est des ravitaillements est correct. Attention, quand on couvre une distance de 40km au quotidien, sur un terrain vallonné, notre corps réclame beaucoup de calories. Veillez à ne pas sous-estimer vos besoins. Alors que je randonnais depuis déjà quatre mois, j'ai couverts plus de 60km par jour en Oregon durant une semaine et ai mangé beaucoup plus que je ne le pensais en augmentant ainsi mon kilométrage journalier. J'ai fini la dernière matinée de marche avant d'arrivée en ville avec seulement une barre de céréale dans le ventre, croyez moi : vous ne voulez pas vous retrouver dans cette situation !

- La ville : Le budget « ville » n'est pas celui auquel on pense en premier mais prenez garde : après une longue journée de marche en plein soleil, l'appel d'un coca frais ou d'un pack de quarante est difficile à résister. Vous ne buvez pas ? Tant mieux, voilà une énorme part de budget que vous pouvez allouer à autre chose. Pour les autres, la bière entre trekkeurs est une véritable institution. Il faut aussi savoir qu'il vous sera quasi-impossible de ne pas succomber aux sirènes d'un repas chaud, autre que vos habituels repas déshydratés. Le snack bar du coin prend vite des allures de cinq étoiles après une semaine dans les bois ! Aussi, un lit et une douche pour une nuit sont autant de tentations dont il est difficile de se détourner. De nouveau, il est possible de réduire ses frais un maximum ici : se ravitailler en in and out (aller en ville pour acheter à manger et retourner sur le chemin sans faire un crochet par le bar ou passer la nuit à l'hôtel), ou encore en limitant ses pulsions envers une canette de Pabst Blue Ribbon ou d'un burger au bison. D'après moi, 2000€ semble être confortable sans être dans l'excès.

On peut donc dire qu'un budget de 4500 euros est raisonnable pour se lancer dans l'aventure PCT sur cinq mois. Je rappelle : ceci ne tient qu'à moi. Certains l'ont fait avec beaucoup moins tandis que d'autres l'ont fait avec le double, voir le triple. À savoir qu'il y a aussi quelques petites charges incompressibles comme les permis pour entrer dans certaines zones protégées.

Pour celles et ceux d'entre vous qui s’inquiéteraient de leur capacité à tenir la distance, je tiens à vous rassurer. Le corps est une incroyable machine qui est capable de supporter beaucoup de choses. Je me souviens qu'à la fin d'une journée de moins de 30km, j'écoutais, exténué, deux vieux briscards qui me disaient que je serais en mesure d'en faire quarante facilement quelques semaines plus tard. C'était vrai !

En espérant vous voir empoigner votre sac et partir à l'aventure.

Revivez les étapes du trek de Charlie et Daniel en lisant leurs différents articles et en découvrant leurs photos.

 

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